Stéphanie Dumas : impliquer les élèves activement dans leur apprentissage et leur environnement quotidien

Stéphanie Dumas : impliquer les élèves activement dans leur apprentissage et leur environnement quotidien

C’est une rentrée placée sous le signe du changement au lycée professionnel du Blavet, à Pontivy. Stéphanie Dumas, nouvelle cheffe d’établissement, prend la direction de l’établissement avec une conviction forte : les élèves apprennent mieux lorsqu’ils sont pleinement acteurs de leur scolarité.

Cette année, les effectifs confirment un attrait renouvelé pour l’établissement. Avec 289 élèves inscrits contre 250 à la rentrée précédente, la hausse est notable. La section transition numérique et énergétique séduit particulièrement, preuve que les jeunes voient dans ces formations des débouchés concrets et porteurs de sens.

Une nouvelle direction tournée vers l’éducation participative

Stéphanie Dumas arrive du collège de Saint-Jean-Brévelay, où elle a dirigé l’équipe pendant deux ans. Ancienne enseignante d’EPS, elle connaît les bienfaits du sport et de la culture pour créer un climat scolaire apaisé. Dès son arrivée, elle privilégie la concertation : « Quand on arrive, il faut prendre la température », confie-t-elle.

Cette philosophie se traduit par une volonté d’impliquer les élèves dans la vie de l’établissement. L’implication des élèves ne se décrète pas ; elle se construit au quotidien, en leur donnant une voix dans les décisions qui les concernent.

Des effectifs en hausse, un signe de confiance dans l’enseignement professionnel

Les 289 élèves inscrits représentent une augmentation de plus de 15 % par rapport à l’année précédente. La filière transition numérique et énergétique attire un public de plus en plus large, répondant aux préoccupations environnementales et numériques des jeunes.

Cette croissance s’accompagne d’un défi : maintenir un suivi personnalisé dans des classes parfois chargées. Pour y parvenir, l’établissement mise sur des méthodes pédagogiques actives, où l’élève manipule, expérimente et collabore plutôt que de subir passivement les apprentissages.

Apprentissage actif : rendre l’élève acteur de sa réussite

L’apprentissage actif n’est pas un simple effet de mode. Les recherches en sciences de l’éducation montrent que les élèves engagés dans leur formation obtiennent de meilleurs résultats et développent des compétences métacognitives durables. À Pontivy, cette conviction se traduit par des projets concrets.

Pourquoi l’implication des élèves change la donne

Quand un élève devient acteur de son apprentissage, il ne subit plus les cours. Il pose des questions, cherche des solutions, accepte l’erreur comme une étape nécessaire. Cette posture est particulièrement pertinente en lycée professionnel, où la pratique occupe une place centrale.

Prenons l’exemple de la section transition numérique : les travaux pratiques ne se limitent plus à des exercices techniques. Les élèves mènent de véritables projets de bout en bout, de la conception à la réalisation, jusqu’à la présentation devant un jury. Cette forme d’apprentissage expérientiel renforce la motivation des élèves et leur donne confiance en leurs capacités.

  • 🎯 Développer des projets concrets rattachés à la réalité professionnelle
  • 🤝 Encourager le tutorat entre élèves, notamment dans les filières techniques
  • 🧠 Apprendre aux élèves à analyser leurs propres stratégies d’apprentissage
  • 🏆 Valoriser les réussites par des présentations orales et des démonstrations
  • 🔄 Instaurer des temps de bilan réguliers pour mesurer les progrès

L’apprentissage expérientiel, une réponse à la passivité

Certains élèves arrivent en lycée professionnel avec un vécu scolaire douloureux. Souvent spectateurs de leur scolarité, ils sont convaincus de subir le système. L’apprentissage expérientiel inverse cette logique : on apprend en faisant, et chaque geste technique devient un savoir à part entière.

Les ateliers de construction, les simulations de gestion de projet ou encore les challenges inter-classes offrent aux élèves une seconde chance de raccrocher. L’erreur n’est plus sanctionnée mais analysée, ce qui transforme en profondeur le rapport au travail scolaire.

Le téléphone portable : repenser l’environnement d’apprentissage

La loi interdisant le téléphone portable à l’école et au collège existe depuis 2018, mais son application au lycée reste un chantier délicat. Dans l’établissement de Pontivy, la cheffe d’établissement refuse la simple répression. Elle préfère éduquer les usages plutôt que punir les comportements.

Une loi à faire vivre avec pédagogie, pas avec des sanctions

« Ce sont des jeunes qui sont nés avec le téléphone. Il faut créer les conditions pour qu’ils comprennent que l’on peut faire autrement », insiste Stéphanie Dumas. L’interdiction ne fonctionne que si elle s’accompagne d’une réflexion collective sur la place du numérique dans la vie quotidienne.

Les équipes pédagogiques et de vie scolaire vont donc travailler en concertation avec les élèves pour trouver des solutions adaptées. Parmi les pistes : des stations informatiques en libre accès pour que chacun puisse consulter les applications scolaires sans recourir à son téléphone personnel. Cette démarche s’inscrit dans une véritable éducation quotidienne au numérique, qui dépasse largement le cadre de la classe.

Sport, culture, engagement : les leviers du bien-être à l’école

Stéphanie Dumas ne cache pas ses priorités : le sport et la culture sont des outils d’engagement scolaire trop souvent sous-estimés. En libérant son mercredi après-midi pour les internes, elle envoie un signal fort.

Le sport au service de la motivation des élèves

L’ancienne enseignante d’EPS sait que l’activité physique structure le corps et l’esprit. Mettre en place des activités sportives pour les internes le mercredi, c’est leur offrir un cadre sain et valorisant. C’est aussi l’occasion d’apprendre à coopérer, à gérer l’effort et à respecter des règles communes.

L’ouverture culturelle pour construire l’égalité et la confiance

Plusieurs sorties au théâtre et au cinéma sont en cours de validation. En mars, l’établissement accueillera une troupe pour un spectacle dédié à l’égalité femmes-hommes. Un sujet important dans un lycée professionnel encore majoritairement masculin, avec seulement une quarantaine de filles sur près de 300 élèves.

Ces initiatives ne sont pas de simples à-côtés. Elles participent à la construction d’un environnement d’apprentissage bienveillant, et permettent à chaque élève de trouver sa place, même après un parcours compliqué. Et si la clé de la réussite résidait dans cette capacité à impliquer les élèves dans leur environnement quotidien, plutôt que de les y confronter ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prouvez que vous êtes humain : 8   +   6   =